L’année 2019 a été marquée par un engagement sans précédent des jeunes en faveur du climat. Les collégiens et les lycéens du monde entier se sont réunis et ont proposé diverses actions qui font, de manière récurrente, la Une des médias. Ils tentent par tous les moyens de d’inciter nos dirigeants à agir plus concrètement contre le réchauffement climatique. Récemment, seize jeunes de différentes nationalités ont profité de l’Assemblée générale de l’ONU pour tenter un « coup de com » et mettre une pression supplémentaire en portant plainte contre cinq pays considérés parmi les plus gros pollueurs de la Terre. Cette stratégie sera-t-elle payante ? Peut-elle impacter positivement les futures décisions des différents chefs d’Etat et permettre d’ouvrir les yeux de l’ensemble de la population ?

Médiatisation d’une jeunesse de plus en plus mobilisée

Depuis environ un an, les jeunes se mobilisent partout dans le monde et le font savoir. Ils montrent ainsi qu’ils ont pleinement conscience que leur génération sera la première à subir les conséquences du réchauffement climatique. Ils ont également compris que l’action attendue de nos politiques ne pourra s’obtenir que par une pression forte : se faire voir pour se faire entendre, une leçon que cette jeunesse a bien vite assimilée !

En effet, le lancement, début 2018 d’une grève de l’école par la jeune suédoise, Greta Thunberg afin d’inciter les dirigeants de son pays à adopter des décisions concrètes semble avoir créer un véritable déclic. Sa parole a largement été médiatisée, ce qui a permis de créer un mouvement de masse de la jeunesse au niveau mondial. Désormais, dans le monde entier on assiste aux rassemblements du vendredi « FridaysForFuture ». Les médias suivent de plus en plus les actions initiées un peu partout par les jeunes, ce qui donne des résultats, à l’image de celle de Lilly Satidtanasan, jeune thaïlandaise, qui a convaincu un grand distributeur de ne plus donner de sacs en plastique dans son pays. Depuis, d’autres marques de la grande distribution ont suivi le pas. Les jeunes semblent donc avoir parfaitement compris l’intérêt de trouver des relais de communication pour voir des solutions concrètes se mettre en place.

Reconnaissance et apprentissage de la communication politique

La jeune génération est même parvenue à se faire reconnaître sur la scène politique et internationale. En effet, la jeune Greta Thunberg a rencontré plusieurs hommes politiques tels que le président de la République française ou encore l’ex-président des Etats-Unis, Barack Obama et elle le fait savoir à ses 2,74 millions de followers !

Les rassemblements de masse et à répétions (on ne comptait pas moins de 4 millions de manifestants à travers le monde le 20 septembre dernier) ont quant à eux rendu incontournable la parole et la représentation des jeunes dans nos organisations internationales.  Plus d’un millier de ces jeunes s’est réuni lors du 1er sommet de la jeunesse pour le climat organisé par l’ONU à la veille de l’Assemblée nationale et du sommet sur l’urgence climatique de l’ONU.

C’est précisément à cette occasion, alors que l’attention des médias était d’autant plus forte, que seize jeunes, dont Greta Thunberg, ont annoncé lors d’une conférence de presse porter plainte contre cinq pays dont la France, estimant que l’inaction des dirigeants est une atteinte à la Convention de l’ONU sur les droits de l’enfant.

Cette plainte n’a que peu de chance d’aboutir mais le moment choisi pour cette annonce a été plus que stratégique. Le choix de ces cinq pays « émetteurs importants » de gaz à effet de serre n’est pas non plus anodin. Ils sont tous membres du G20, sont des pays influents et donc « en position de prendre le leadership pour agir maintenant contre la crise climatique », comme l’explique le cabinet d’avocat représentant ces jeunes. Ils ont donc bien compris que communiquer au bon moment et bon endroit est la manière la plus efficace d’obtenir des résultats.

Et en effet quelques gestes, bien qu’encore trop timides, ont suivi : 66 pays se sont engagés à revoir à la hausse leur plan Climat d’ici la COP26 en 2020 et le même nombre a rejoint la liste des entités qui s’engagent à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Pour le moment, les contributions nationales des Etats sont encore loin d’être suffisantes pour tenir cette ambition mais les jeunes n’ont pas dit leur dernier mot. Tout porte à croire que cette pression et cette utilisation « à bon escient » des temps de communication continuera à l’avenir à s’accentuer.